Mobutu a lancé une politique de retour aux racines Africaines, abandonnant les noms coloniaux (Kongo-Léopoldville est devenue Kinshasa) au profit de noms Africains et encourageant le port de vêtements traditionnels (abacost). Le paysage politique du Zaïre sous Mobutu Sese Seko (1965-1997) était dominé par le mobutisme, une idéologie nationaliste et révolutionnaire prônant l’authenticité Zaïroise, l’indépendance économique et la lutte contre les influences capitalistes et communistes. Cela s’est manifesté par des campagnes de « Zaïrianisation » et de changements de noms.
Canta Nyboma (de son vrai nom Bongoman Canta Nyboma) était un artiste engagé qui, par sa musique, soutenait et diffusait les messages du régime de Mobutu, incarnant ainsi une facette de l’identité culturelle promue. Il utilisait sa musique pour célébrer et propager l’idéologie du régime, notamment les thèmes de l’authenticité et de l’unité nationale. Ses chansons faisaient partie de l’arsenal de l’État pour mobiliser les masses et forger un sentiment d’identité nationale autour des valeurs défendues par Mobutu.
Comme beaucoup de musiciens de sa génération sous la Seconde République, Nyboma participa à des groupes d’activisme politique. Ces groupes étaient essentiels au culte de la personnalité du maréchal Mobutu Sese Seko et à la promotion de l’idéologie du Mouvement populaire de la révolution (MPR). Le régime instrumentalisait la musique pour légitimer son image messianique. Des figures emblématiques comme Franco Luambo et Tabu Ley composèrent également des œuvres glorifiant le « Guide », telles que « Candidat Na Biso Mobutu » et « Cent ans à Mobutu ».


